Anne-Marie Pécheur ne peint pas de motifs reconnaissables, floraux ou autres. Bien que ses formats en hauteur induisent à penser qu'elle met en page une image, elle se préoccupe surtout de sa couleur et des fonds qu'elle monte les uns après les autres, avec la précision d'un imagier médiéval, d'un enlumineur. Peu lui importe qu'une identification avec l'observable soit possible. Ce qui se trame ici n'est que couleurs, matières, couches et touches. Et rythmes de composition aussi. On croit voir un objet en creux, réaliste, et ce n'est qu'un à plat d'une teinte cassée pour marquer comme une absence. On pense deviner un relief et il ne s'agit que de couleurs diverses qui se combinent pour éviter l'ennui de la teinte juste. Toutes les astuces, toutes les références, toutes les connotations ramènent inévitablement vers la peinture. Pour qu'il n'y ait plus d'image et que n'existe que la picturalité. Anne-Marie Pécheur dira qu'elle n'a jamais cessé de faire de la peinture et, bien entendu, on ne pourra pas ne pas la croire.
François Bazzoli, tiré de Dérives Botaniques, éditions Artgo, Bruxelles, 1998
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